Orelsan – La fête est finie #AlbumReview

Parmi les albums les plus attendus de l’année, le retour d’Orelsan en solo après six ans d’absence était sûrement en tête de liste. Après une promotion réussie, à l’image du personnage, et un clip imposant pour accompagner le premier single Basique, le Caennais a sorti le 20 octobre dernier son troisième album solo : La fête est finie.

La_fete_est_finie

L’album s’ouvre sur San, une instru qui inspire la nuit et transcende. On retrouve à peu près toutes les références d’Orelsan et les thématiques qui reviennent dans sa musique : les Simpsons, les mangas, l’alcool, ses amis, la nonchalance. Pourtant cette fois, il y a aussi une tristesse, un changement comme il le dit qui peut se traduire par un gain en maturité. C’est assez étonnant pour celui qui est l’un des rappeurs préférés des Français, pour sa musique bien sûr mais aussi et surtout pour sa personnalité, son charisme et son je-m’en-foutisme. Plusieurs titres reviennent sur cette nouvelle maturité assimilée à la vieillesse ou plutôt au temps qui passe comme celui qui suit : La fête est finie 2.

La promotion pour cet album montrait de l’enthousiasme de la part de son protagoniste, du sourire, pas de trace de dépression ni de doute comme le montre cette vidéo :

 

Pourtant, La fête est finie porte bien son nom. Orelsan est pessimiste sur l’amour et sur sa célébrité. Il en a marre, de tout. Il voudrait arrêter et va jusqu’à demander Quand est-ce que ça s’arrête sur le huitième titre de l’album. Il se plaint de se sentir comme une Bonne meuf sur le septième titre superbement construit en épiphore. Les thèmes abordés sont plus personnels que d’habitude mais les instrus n’empêchent pas les différentes chansons de devenir des potentiels singles pour les radios comme La lumière ou Basique.

Lorsque la tracklist est sortie, je me suis réjoui de voir différents featurings. Les duos servent à un artiste de s’inviter sur l’album d’un autre artiste et ainsi rentrer dans son univers pour y apporter quelque chose. Ici, qu’ils soient réussis ou pas, tous les feats mettent la guest en avant et ainsi font passer Orelsan au second plan. Dans Christophe, on retrouve clairement une atmosphère à la Maître Gims, idem pour Zone cette fois-ci avec Nekfeu. C’est franchement regrettable, Orelsan n’arrive pas à faire comme Stromae où le Belge avait clôturé Racine carrée par avf, une chanson totalement dans l’univers installé dans l’album en y ajoutant Orelsan et Maître Gims en guests. Stromae justement : sa présence sur cette tracklist donnait envie de découvrir son apport sur La pluie après une longue période d’absence. Le résultat est extrêmement décevant puisqu’il se réserve pour chanter le refrain à la manière de n’importe quel chanteur de hip-hop. Enfin, le duo avec Ibeyi en fin d’album est réussi. Orelsan est au coeur de la chanson, les jumelles de 22 ans se contentent des backing vocals et d’une douce mélodie qui se marie bien avec la voix calme du rappeur.

Les fans d’Orelsan apprécieront cet album pour l’humour toujours présent malgré tout comme sur le deuxième titre avec cette phrase « basique » mais qui fait sourire grâce à la voix nonchalante du Caennais : « Quand y’a plus personne sur la piste, il faut que t’arrêtes de danser » ou comme le titre Christophe qui est un gag en lui-même.

Bilan mitigé donc pour le retour d’Orelsan qui annonce peut-être une grande pause après sa tournée ou même la fin de sa carrière comme il le suggère plusieurs fois dans cet album. « San » c’est « trois » en japonais mais aussi « le dernier volet de la saga » pour Orelsan. Alors, la fête est finie ?

 

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