Je ne suis pas un salaud : drame social d’un écorché vif

     J’en avais parlé dans mon papier sur Nicolas Duvauchelle, Je ne suis pas un salaud était un film que je voulais absolument voir et curieusement j’ai mis du temps à me décider à le regarder. Retour sur la meilleure interprétation à ce jour de l’un des, maintenant confirmé, espoirs du cinéma français.

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     Ce film de Emmanuel Finkiel (De battre mon cœur s’est arrêté) raconte l’histoire d’un anti-héros divorcé et chômeur, Eddy, frappé psychologiquement par une agression au cours de laquelle il se fait poignarder. Avec leur enfant pour les rapprocher, Eddy et Karine sont toujours amoureux et vivent à nouveau ensemble. Suite à l’identification des suspects, le personnage de Duvauchelle livre un coupable sans en être sûr, il ment. C’est le début d’une descente aux enfers dans une société de consommation qui ne pardonne pas.

     La première heure du film est très inégale et lente même si la musique (de Chloé) nous fait comprendre que le suspens est tout de même présent : derrière ce vide se cache un grand dénouement. La suite est beaucoup plus haletante, mêlant anxiété et violence. La musique est de plus en plus présente et le rythme s’accélère laissant toujours planer un mystère qui sera (peut-être même pas totalement) résolu à la fin. Le réalisme est l’une des caractéristiques qui font de ce film une oeuvre originale, d’autant plus qu’il est rarement aussi crédible qu’ici où l’on peut se fondre dans la scène et se sentir spectateur du drame social que subit le personnage principal. 

     Nicolas Duvauchelle est puissant et extrêmement touchant dans son interprétation qui lui a valu une nomination pour le César du meilleur acteur cette année. Cet écorché vif subit une décadence provoquée par lui-même en vacillant entre fragilité et rage (qui n’est pas sans rappeler Patrick Dewaere dont Duvauchelle déclare qu’il est l’acteur qui lui a donné envie de faire ce métier, comme d’autres). Mélanie Thierry est également parfaite dans son rôle de Karine.

     Ce film est grave et douloureux. Je pourrais aller jusqu’à dire qu’on ne peut en sortir indemne. Malgré son errance presque lassante du début, Je ne suis pas un salaud est un très bon film singulier dans son style avec une fin cristallisante. Une chose est sûre : on ne peut l’oublier.

 

Crédits photo : allociné

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