Unai par la même passion

     « Héroïques » titrait L’Equipe quand le Paris Saint-Germain est allé faire match nul 2-2 à Stamford Bridge, se qualifiant ainsi pour les quarts de finale de la Ligue des Champions 2015. Ce printemps, le PSG joue à nouveau une place pour ce stade de la plus prestigieuse des compétitions. Les Parisiens ont encore une fois été héroïques ce 14 février 2017, face au grand FC Barcelone.

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     Les ultras motivés comme jamais ils ne l’ont été sous l’ère du Collectif Ultras Paris nous mettaient sur le bon chemin pour une soirée plus qu’agréable. Ce tifo (au-dessus) nous rappelle les grandes heures européennes du PSG des années 1990 et les tifos du virage Auteuil. « Pas de grand club sans grand public » scandaient les ultras lorsqu’ils se battaient pour leur liberté et leur accès au Parc. Les Parisiens n’avaient pas le CUP pour les pousser lors des précédentes années en Ligue des Champions. Mais la victoire dans ce match aller dépasse bien sûr le cadre des tribunes.

     4-0 face au FC Barcelone. C’est évident que personne dans le football français n’avait réalisé cela jusqu’à aujourd’hui. Le PSG, lui, l’a fait. Ou plutôt Unai Emery l’a fait. L’entraîneur espagnol critiqué depuis que le club de la capitale n’est pas premier en championnat a en effet procédé à plusieurs changements surprenants dont un ce 14 février : Lucas, joueur avec le plus de temps de jeu cette saison est sur le banc, c’est Di Maria qui démarre à droite. Tactique gagnante puisque l’Argentin marque par deux fois et réalise son meilleur match sous les couleurs rouges et bleues. Certains pourront alors dire qu’il justifie enfin son prix voire son transfert.

     Le pressing efficace que les trois joueurs offensifs parisiens ont fait, très solidement accompagnés par les milieux  (dont Blaise Matuidi, capitaine d’un soir, qui lui aussi a sorti son meilleur match sous les couleurs parisiennes depuis un bon moment), a prouvé que la présence de Zlatan Ibrahimovic dans cette attaque était un frein à l’évolution du PSG. Ce pressing aurait été impossible avec lui. 

     Le milieu de terrain parisien a mangé celui de Barcelone en grande partie grâce à Marco Verratti qui a largement gagné son duel face à Andrés Iniesta (capitaine sorti après 70 minutes de jeu). Busquets ne pouvait que se remédier à ses inimitables simulations en première mi-temps tandis que Matuidi, aligné numéro 10 sur le papier, était partout et se jouait du Barca comme d’une vulgaire équipe de Ligue 1. Adrien Rabiot a été plus loin dans la ringardisation de l’équipe de Luis Enrique en mettant un petit pont au quadruple Ballon d’Or Lionel Messi. Inutile de préciser que le jeune Français a également fait un excellent match, étant à l’origine de beaucoup de relances vers l’avant en seconde période.

      Julian Draxler a aussi justifié son transfert et son prix, si ce n’était déjà fait, en étant très précieux offensivement, y allant de son but lui aussi. Cavani a été très bien pris par les deux défenseurs centraux barcelonais, ce qui permettait plus de liberté aux ailiers parisiens mais aussi et malheureusement un manque de présence de l’attaquant qui a tout de même eu plusieurs occasions de marquer un deuxième but mais était souvent trop court.

     La gauche de la défense était le point le plus inquiétant au départ de ce match puisque Kurzawa titulaire n’est pas meilleur que Maxwell ces derniers temps et l’adversaire du soir se nomme Lionel Messi. Cependant, le latéral français a fait un bon match malgré quelques errements défensifs dont une énorme erreur de placement sur le tir d’André Gomes en première période qui aurait pu permettre au Barca d’égaliser. A droite, comme prévu puisque Neymar est en méforme, Thomas Meunier a pris le dessus malgré 30 premières minutes un peu plus difficiles défensivement. Le Belge a très bien relancé son équipe à plusieurs reprises.

     Thiago Silva blessé, c’est forcément Presnel Kimpembe qui débute en tant que titulaire. Le jeune défenseur central inquiétait une grande partie de personnes de part son inexpérience, le Français a prouvé qu’il était de taille à lutter face aux plus grands attaquants du monde. Il a même repoussé d’une manière très spectaculaire Messi par deux fois. Marquinhos aussi a été solide comme d’habitude, Trapp également même si son travail était minoritaire. La MSN barcelonaise n’a pu exister au Parc des Princes face à la défense parisienne privée de son leader.

     Selon les statistiques, le PSG a 100% de chance de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des Champions. Il faudra cependant être très vigilant à ne pas s’enflammer et il faut à nouveau sortir un grand match au Camp Nou le 8 mars pour assurer la qualification même s’il semble que les Parisiens aient fait le plus dur avec une donnée très importante : ils n’ont pas pris de but.

 

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