Alep : l’histoire assassine qui rougit sous nos pas

     Stratégie de l’espoir ou de l’inespoir ? C’est sûrement la question que l’on peut se poser concernant la gestion de la Syrie par les grandes nations du monde. Stratégie de l’inespoir c’est aussi le nom du dernier album d’Hubert-Félix Thiéfaine, sorti en 2014 dans lequel on retrouve la chanson Karaganda (Camp 99) qui nous parle d’un goulag au Kazakhstan actif avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

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     Ecoutez la chanson ou lisez ses paroles et remplacez « Karaganda » par « Alep », « Staline » par « Bachar al Assad » ou « Béria » par « Etat Islamique » et dites moi si quelque chose vous choque. Rien n’est-ce pas ? Ou plutôt tout. Rien parce que ça ne choque pas, cela ne change rien, la cohérence est telle qu’on ne s’alerterait absolument pas si la chanson était réécrite aujourd’hui avec ces changements. Tout puisque évidemment, c’est grave, triste et honteux. La situation actuelle de la Syrie est une honte pour tout citoyen du monde.

     Les informations sont floues. La télé occidentale n’en parle que peu, les articles récemment publiés dans Libération (comme ici par Luc Mathieu) ou Le Monde sont contestés par certains comme étant « obsolètes » et ceux-ci conseillent alors de suivre les informations véhiculés par les médias syriens. Cela ne vous rappelle rien cette obscurité de l’information telle que nous ne savons pas réellement ce qu’il se passe sur place et avons du mal à croire qui que ce soit ? Oui, vous étiez pas nés, moi non plus, vous ne vous en rappelez pas vraiment mais cela vous évoque quelque chose. Alors, inquiets ?

     Ce sujet relève des tonnes de questions auxquelles nous n’avons pas de réponse. Cela ne nous empêche pas pour autant de réfléchir à « l’impuissance de l’ONU dans ce crime contre l’humanité » comme le déclarait Cécile Duflot sur son compte Twitter. John Kerry, le secrétaire d’état américain, a appelé à la « compassion de Moscou », engagée dans la lutte contre l’EI et alliée à Damas. Monsieur Kerry, que signifie la « communauté internationale » quand celle-ci désigne uniquement la Russie ? Que signifie l’Organisation des Nations Unies lorsque seule l’une d’entre elles est activement engagée dans la guerre en Syrie ?

     Entre médias qui fuient la recherche d’informations et les Alliés historiques qui se contentent de compatir ou de condamner (Bernard Cazeneuve, récemment promu Premier Ministre tweetait « Au nom du Gouvernement de la France, je dénonce l’horreur des massacres à Alep. Ceux qui les ont perpétrés auront à en rendre compte »), j’ai honte. Il ne faudra pas s’étonner de payer notre indifférence à cet apparent réel génocide qui se déroule à Alep.

 « En Syrie on bute les gosses, en même temps qu’on viole leur mère, mais j’en ai rien à foutre »

 

Crédits photo : Le Monde

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