La gauche se doit de « sursauter »

     L’heure est grave pour la gauche. Le vote favorable au Brexit en juin, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, celle de François Fillon à la tête de la droite mais aussi les idées du Front National qui ne cessent de fuser à travers l’hexagone (campagne de prévention pour le Sida, cas de l’IVG, Robert Ménard et ses sorties de plateaux, etc) : tant de choses qui mènent la gauche à une crise de plus en plus profonde qu’elle se doit de régler au plus vite, fin janvier, lors de sa primaire pour les présidentielles.

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     Ce jeudi, François Hollande a eu la décision très intelligente, humble et courageuse de ne pas se représenter aux élections présidentielles. Une première dans l’histoire de la Ve République. Le chef de l’Etat a alors appelé à « un sursaut collectif » de son parti face à Fillon et autres Le Pen. La gauche doit s’unir pour réussir mais depuis quand entend-on cette même phrase…? Les 22 et 29 janvier, les électeurs choisiront celui qui ira représenter le Parti Socialiste aux présidentielles de 2017. Pour l’instant, Arnaud Montebourg est candidat. L’ancien ministre de l’économie souhaite abolir le 49-3, prendre le chômage très au sérieux et le diminuer au plus vite (mise en place de la « formation des chômeurs » et du « commissaire chargé de la réduction du chômage »), faire le contraire du programme de Fillon en terme d’impôts : annulation de la hausse d’impôts pour les classes moyennes et populaires, créer un « gouvernement économique » pour l’Europe et j’en passe (son programme détaillé est à retrouver ici). Montebourg est, pour l’instant, le favori à mon avis de cette primaire. Le suit de très près, Manuel Valls, l’actuel premier ministre (toujours pas officiellement candidat) devrait être le deuxième homme fort de cette primaire mais la gauche souhaite lui faire barrage à l’image de Benoît Hamon, autre candidat, dont le programme se résume à légaliser le cannabis pour les médias. Le député des Yvelines a des idées proches de celles de Montebourg et veut « abolir la monarchie républicaine ».

     D’autres candidats se sont officiellement présentés : la sénatrice PS, Marie-Noëlle Lienemann, le député écologiste François de Rugy et le président du Front démocrate, Jean-Luc Bennahmias mais ce ne sont pas les plus intéressants. L’intérêt vient vers les possibles candidats qui se font attendre. Et ce sont des femmes.

     L’ancienne gardes des Sceaux, Christiane Taubira a une côte très élevée auprès des électeurs de gauche et serait la candidate idéale afin de barrer la route aux idéaux extrêmes du récent élu LR et des (de la) frontiste(s). L’auteure de Murmures à la jeunesse était samedi 26 novembre à Bondy au carrefour des gauches de de l’écologie et on la voit difficilement être étrangère à la primaire de début janvier après avoir lancé : « Il nous faut retrouver vite, très vite, le goût des gauches. Redonner au pays le goût des gauches ». Taubira s’exprime sans notes et poursuit : « Ce sont les idéaux de gauche qui nous permettront de changer notre, société, la France, le monde sans écraser les individus ». Uniquement par ses deux phrases, elle peut redonner foi à un électeur de gauche en son parti malgré les nombreuses crises qu’il traverse. 

     Dans son édition du week-end du 27 novembre justement, le journal Libération expose deux autres femmes dont la candidature est possible : Martine Aubry et Anne Hidalgo. Pont facile à faire puisque les maires de Lille et Paris étaient également présentes au carrefour des gauches, « à la croisée des chemins » comme le titrait Lilian Alemagna. Ces deux possibilités ne sont que très peu probables, cependant une autre femme pourrait se présenter et également devenir un barrage pour Manuel Valls. Il s’agit de l’actuelle ministre de l’Education : Najat Vallaud-Belkacem. Tous ces noms ne sont que des rumeurs à prendre plus ou moins au sérieux mais si elles s’avéraient réalisées, la gauche choisirait alors la multiplicité pour contrecarrer les plans de l’homme « le plus à droite » du gouvernement Hollande.

     Enfin, évidemment, il y a des candidats d’importance hors-primaire à commencer par le leader du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon qui a annoncé il y a peu, chez Laurent Ruquier, les dix premières mesures qu’il prendrait s’il était amené à être élu en mai 2017. Certaines de ses propositions vont vous surprendre, le mieux est d’écouter le député européen :

     Emmanuel Macron est également à ne pas oublier malgré que la Macron-tendance du temps où il intégrait le gouvernement semble passée. On voit difficilement le jeune ex-ministre de l’Economie qui a créé son propre parti « En Marche ! » être au second tour des présidentielles début mai 2017 mais, attendons, aucune carte n’a été jouée.

     Certains Français semblaient voir la gauche en train de mourir il y a quelques mois et pourtant elle n’a rarement été aussi vivante que depuis l’approche rapide de sa primaire, Jaurès avait raison : « dès son origine, le socialisme a été une force, un élément actif de la civilisation humaine. ».

 

Crédits photo : Libération

 

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