L’insouciance qui n’a pas de prix

     Louise Attaque effectuait son retour cette année avec la sortie de l’album Anomalie en février. Un set de dix chansons parmi lesquelles on retrouve « L’insouciance », titre le plus mélancolique du disque mais peut-être aussi l’un des mieux écrit. Cette insouciance nous fuit  et n’a pas de prix d’après les paroles de Gaëtan Roussel, c’est effectivement ce que je ressens en regardant le football aujourd’hui. Il y a malgré tout des exceptions…

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     Je regarde Southampton depuis une après-midi d’hiver début 2012, je m’étais mis devant ce match de Championship par pur hasard. Je n’imaginais alors pas dans quoi je m’étais embarqué… L’amour pour Morgan Schneiderlin, la montée en Premier League puis Owen the Saints, puis Luke Shaw et aujourd’hui Claude Puel. Tant de choses qui font de moi, non pas un supporter de Southampton mais plutôt un spectateur avisé. Ce dimanche, les Saints recevaient Everton (victoire 1-0 pour les Rouges et Blancs). Charlie Austin a ouvert le score dès la première minute mais ce n’était pas lui qu’il fallait regarder ce soir-là. C’était le numéro 39, une première apparition sur le terrain dans l’équipe professionnelle pour Josh Sims. Le jeune joueur de 19 ans a joué en pointe offensive du milieu d’un 4-4-2 en losange aux allures de 4-3-3 puisque, placé derrière Austin et Redmond, Sims se déplaçait partout : droite, gauche, numéro 10, 9 et demi… Son activité a été énorme mais au-delà de cela, il a offert la passe décisive au buteur après une quarantaine de secondes de jeu seulement et a frappé plusieurs fois au but en trouvant le cadre. Remplacé à cinq minutes du terme, Josh Sims s’est révélé à l’Angleterre et a donné envie, dès sa sortie, de le revoir. C’est le fruit de son insouciance. Faire sa première dans un match face à un concurrent direct, à domicile, n’est pas forcément la chose la plus aisée et pourtant Sims n’a montré aucun scrupule à faire son match sans stress et à dérouler son football.

     Depuis le début de saison du Paris Saint-Germain, Adrien Rabiot est le milieu le plus en forme de l’entre-jeu parisien. Titulaire indiscutable avant sa blessure, le jeune Français est passé devant Kyrchowiak et Motta dans les priorités d’Emery. Il a fêté récemment sa première sélection avec les Bleus et même si c’est dans ce match-là qu’il se blesse, Rabiot a montré la même qualité que Sims : peu importe la grandeur de l’événement (vous allez me dire que ce n’était un amical à Lens contre la Côté d’Ivoire, c’est vrai mais c’était une première titularisation en Equipe de France quand même) il développe son football à merveille et ne soucie de rien.

     Un autre acteur du milieu de terrain du PSG est un modèle d’insouciance : Marco Verratti. Il l’exprime d’ailleurs très bien : « Le danger, ce n’est pas d’avoir le ballon avec trois mecs qui viennent sur moi. Le foot, c’est un travail, mais c’est avant tout un jeu pour moi. S’il t’arrive de rater des dribbles, il n’arrive aucune catastrophe, et personne ne meurt. ». Il se trouve que l’Italien est un des joueurs qui récupère le plus de ballons et un des milieux qui rate le moins de dribbles dans le championnat de France ces dernières saisons. Cette philosophie paye donc et c’est une philosophie de gagnant : « Si chaque fois que je suis pressé, je dégage le ballon devant ou en touche, c’est une défaite. » 

     La mentalité que possède Verratti n’existe que très peu en France même si c’est une bonne chose que des joueurs l’exportent. Très peu oui parce que certains la possèdent tout de même à l’image d’Antoine Griezmann. Le buteur français a d’ailleurs parlé ce week-end dans le quotidien L’Equipe de la mentalité européenne en général qui se répercute dans le football : « J’avais une attirance pour les rythmes musicaux latinos comme la « cumbia » et surtout leurs sourires. Ça m’a marqué. On se prend trop la tête en Europe. On passe notre temps à se plaindre, ici. Eux, ils sortent de ces quartiers faits de maisons en tôles où, à la moindre tempête, le toit peut s’envoler. Ils ont une autre approche de la vie, ils profitent, sont joyeux. Ils ne se plaignent jamais, et, sur le terrain, ils donnent tout. Ils m’ont inculqué ces valeurs. ». Le football est donc le reflet de la société comme disait Aimé Jacquet alors soyons désinvoltes et écoutons notre Grizou national, après tout le foot n’est qu’une histoire de 22 hommes qui courent après un ballon… 

 

Crédits photo : Squawka 

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Une réflexion sur “L’insouciance qui n’a pas de prix

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