J’y étais : Baxter Dury, à la Carène

     Il y a quelques mois je vous parlais du retour de Baxter Dury sur scène qui promettait un show, cette fois, seul et avec de nouveaux titres puisque la campagne était différente de celle de la tournée pour « It’s a pleasure », avec comme slogan « On his own ». Les cinq uniques dates où le Londonien se produisait ont surpris. 

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     Souvent lorsqu’on se rend à un concert, on sait à peu près ce que l’on va voir. On peut miser sur certaines chansons, sur certaines phrases de l’artiste. Et bien là, en ce dimanche, la seule chose certaine était que Baxter Dury serait là, c’est tout. En effet, la Carène avait bien précisé un concert « solo » or, j’avais vu sur l’instagram du chanteur qu’un guitariste l’accompagnait à Paris, deux jours plus tôt, et qu’il n’était autre que son frère. Finalement, Baxter Dury est arrivé sur scène, à Brest, après une jeune femme que je n’avais pas vu lors des précédents concerts du dandy. Je me suis donc renseigné et cette femme est française : Fabienne Debarre, membre du groupe français We Were Evergreen. Baxter ne se la jouait donc pas solo. 

     En première partie, le site de la ville de Brest annonçait Saul Adamczewski, guitariste de Fat White Familiy, invité par le fils de Ian Dury. Voilà, donc ce n’est pas du tout cela mais bien le duo Lesneu comme divulgué par la Carène seulement quelques jours avant le concert. Autant vous dire que j’ai rarement vu autant de manqués sur un concert (et ce n’est pas fini) ! Rien de grave cela dit. Lesneu donc, c’était…chiant. Je n’aime pas descendre les artistes du coin mais là les deux jeunes hommes ne sont pas fait pour la scène ou alors étaient tétanisés et malheureusement, on avait l’impression d’une chanson de 45 minutes entrecoupée de pauses. Bref.

     Revenons à la tête d’affiche. Étaient annoncées des guitares mais ce n’étaient que des claviers qui accompagnaient les deux artistes. A me lire, vous devez croire que je suis à deux doigts de porter plainte pour publicité mensongère mais non, absolument pas. Je vais même vous dévoiler mon avis de suite : j’ai adoré. Je crois ne jamais avoir vu de concert sans guitare ni batterie et bien c’est un succès. Il fallait bien prendre en compte que c’était un événement intimiste rempli de surprises. 

     La force de la musique de Baxter Dury, ce sont les chœurs. Ces refrains entonnés par une ou plusieurs voix féminine(s). « Fabi » était seule et ne chantait pas tout le temps, il y avait beaucoup d’enregistrements studio que Baxter nous lançait grâce à l’un des claviers. C’est comme cela que les guitares, batteries et chœurs, malgré le chant supplémentaire de la leader de We Were Evergreen, se faisaient entendre. 

     Je pensais qu’un nouvel album allait être annoncé, que de nouvelles chansons seraient jouées. A l’exception de la dernière du set, ce ne fut pas le cas. Effectivement cette dernière chanson, dont c’était la première fois sur scène, le chanteur n’en connaissait pas les paroles et donc les avait sous les yeux. Il nous les a montré en nous disant que les deux premiers paragraphes allaient être chantés mais que la suite du texte sur la feuille (remplie) était beaucoup trop triste pour être interprétée. Après quelques soucis de compréhension musicale entre les deux artistes, la chanson et le concert se terminent. Baxter Dury nous signale qu’il n’est pas intéressé par l’argent mais que certains produits dérivés sont à vendre mais il va falloir se dépêcher, ils ont un ferry à prendre… Loin d’une grande rockstar donc.

     Une seule nouvelle chanson, ce qui signifie que le reste du concert était rempli des chansons déjà sorties sur les précédents albums. Une setlist très proche de la tournée pour « It’s a pleasure » puisque Baxter nous a joué Isabel, Claire, Leak at the disco, Happy Soup, Trellic, Picnic on the edge, The sun, Lips, Special, Palm Trees et enfin Cocaine Man. Cette dernière chanson où l’émotion était géniale. Le dandy s’est laissé emporté dans un solo de trois ou quatre minutes au clavier qui a même surpris sa comparse. Ce fut grand. Il a laissé le micro à Fabienne Debarre le temps d’une chanson, sûrement Hotel in Brixton même si je ne l’ai pas reconnu. 

     Accompagné de ses trois canettes de 1664, Baxter Dury nous a donc livré un concert surprenant, drôle (il s’est amusé à dire « Brexit » lorsqu’il y avait des blancs à la musique sur l’un des premiers titres), émouvant et sincère. Ce serait quand même bien un nouvel album, une nouvelle tournée, d’autres musiciens et pourquoi pas un retour de « Fabi ».

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